Quand une figure intellectuelle disparaît, d’autant plus son œuvre a été contestée et discréditée durant de longues années, d’autant plus on assiste à un panégyrique dont l’éloge, parfois, cache l’intention secrète d’en finir, enfin, avec ce qu’elle a de subversif.
On assiste alors à une débauche de louanges et d’admiration par ceux mêmes qui l’ont combattu ou dévoyé. On construit une manière de mausolée médiatique qui porte l’homme au pinacle et ensevelit à jamais l’œuvre.
Ainsi ce que Sartre, en un temps lointain, et les nouveaux philosophes, depuis le grand carnaval de mai 68, lui reprochaient, c’est son refus catégorique dans son approche des phénomènes sociaux (mais aussi implicitement des phénomènes psychiques) d’inscrire sa réflexion scientifique dans la problématique métaphysique de la transcendance et de l’immanence. Problématique qui, qu’on le veuille ou non, met à part l’espèce humaine des autres organismes vivants. Puisqu’aussi bien, tout uniment, ce que cette problématique suppose c’est que l’espèce humaine aurait un statut dont seraient privées les autres espèces. Plus de 150 ans après Darwin, on en est toujours là. Et ce qu’on lui reproche en fin d’analyse, c’est l’intransigeance de son approche structuraliste.


